L’éclipse de soleil

Voici quelques photos de l’éclipse prises à Locronan, elle a fait régner sur la cité une étrange clarté.

Renouveau du tissage à partir de 1935

Atelier St Ronan

Dans les années 1910, les derniers métiers à tisser avaient arrêté de rythmer la vie de la cité, faisant de Locronan la cité déchue des tisserands. C’est à ce moment qu’intervient M. Le Berre, qui possède le magasin « A la Ville d’Ys »  à Quimper.

Membre du mouvement « Ar Seiz Breur », il rêvait depuis longtemps de moderniser et de ressusciter le tissage Breton. Et, où, mieux qu’à Locronan si marquée par les tisserands, aurait-il pu mener à bien son projet?
Il sut y intéresser Mme Monique Andrieux, qui se fit élève à Concarneau de Mme Toiray, une Suédoise qui possédait l’atelier « Les Chardons Bleus ».
En 1935, ils achetèrent quatre métiers concarnois pour les installer à Locronan et créer ainsi l’atelier de tissage artistique St Ronan.
Ils pensaient que cette initiative ferait des émules et qu’ainsi d’autres entreprises du même genre seraient créées. Locronan retrouverait son titre de cité des tisserands. Mme Andrieux décéda en 1942, sa fille Soazig reprit les rênes à sa suite. Elle mourut à son tour en 1947. Son mari M. Jacques Poivre aidé de sa nouvelle épouse Mme Madeleine Poivre reprirent l’atelier. Madeleine Poivre se forma à force d’observation. Dans un souci de qualité et pour faciliter le travail, elle consolida les métiers et en fit construire deux nouveaux par M. Pierre Pavec, ébéniste. Cette recherche de qualité dicta la vie de l’atelier. Mme Poivre s’entoura d’ouvrières compétentes et d’une équipe de couturières, ce qui permit un travail de qualité tant dans la fabrication que dans les finissions.
Les métiers étaient à contre marche, ce qui permettait une plus grande liberté de création. Il y était tissé du linge de table, des jupes, des cravates … Les couleurs s’inspiraient des costumes locaux du Porzay, de Pont-l’Abbé, de Plougastel-Daoulas… La technique du tissage obligeait l’artisan à réinventer des motifs rappelant les chaînes de vie, les cornes de bélier et le triskel. Ainsi était né un style de tissage appelé tissage de Locronan
En février 1977, Mme Giscard d’Estaing en visite à Locronan passa dans l’atelier St Ronan. Impressionnée par la qualité du travail, elle y fit une commande. Elle ne fut pas la seule à avoir été séduite par ce tissage, parmi un grand nombre d’anonyme, on trouve les noms de M. Pompidou, de M. de Gaulle ainsi que de Prévert. L ’atelier ferma ses portes en 1991.

 

Atelier de l’ancienne compagnie des Indes

M. Jacques Pré ouvrit avec l’aide de Marc le Berre un nouvel atelier en 1947. Il se composait de quatre métiers à mécanique Jacquart. Le matériel de tissage provenait de Lyon. Chaque été, un canut de Lyon venait conseiller et montrer son savoir faire au sein de l’atelier. Les pièces tissées avaient une largeur de 1 m 60, c’était du linge de table, des jupes… Tout cela en lin.
Il régnait dans l’atelier une ambiance particulière car il se trouvait dans une maison ancienne sans beaucoup d’ouvertures.
M. Pré rassembla dans une salle, une exposition où on pouvait admirer un métier du XVIIIe siècle, des rouets, des coffres…
Dans les années 1970, le métier fut offert au musée, où on peut toujours l’admirer.
En 1957, Jacques Pré fils reprendra l’atelier, puis en 1967, c’est au tour de Ronan Pré.

 

L’atelier du Menez

Jean-Yves Nicot, natif de la cité, créera au milieu des années 1970 un nouvel atelier. Le tissage réalisé sera principalement du tissage de laine, destiné à la confection de vêtements. Lui-même et son fils créèrent les tissus et son épouse Louise les modèles. Ils s’installèrent dans les ateliers du Menez, destinés par la municipalité aux artisans d’art. Susan Kulhman travailla au sein de l’atelier où elle réalisa de la tapisserie, dont le martyre de sainte Tryphine, d’après un carton de Sérusier, aujourd’hui au Musée. Jean Yves Nicot fit de nombreuses recherches dans la réalisation de tissu d’ameublement, en liaison avec des décorateurs. A partir de 1981, l’atelier accueillit de nombreux apprentis dont Laurence Waldner. Il réussit à mettre en place avec l’aide de la chambre des métiers un CAP tisserand professionnel.

Il ferma ses portes en 1986…